[Interview] Serge Ubrette, auteur-compositeur, guitariste

Au calme dans la cour du bar Le Patio à Sens, une petite entrevue bien agréable avec Serge Ubrette, auteur-compositeur, guitariste, acteur. Serge, anglais d’adoption, d’origine nigériane et enfant de la Nièvre.
Un diabolo grenadine plus tard…

Quel plaisir de rencontrer celui qui a participé à la naissance de la chanson « L’incendie », interprétée par Vanessa Paradis, écrite par Didier Golemanas, composée donc par Serge Ubrette et dont le clip avait été réalisé par Johnny Depp.

« Moi je lui ai présenté la musique sans les paroles. Et c’est elle qui, en entendant ma musique s’est dit : j’ai un texte qu’on m’a envoyé y’a des années que j’ai gardé, que j’aime beaucoup, je pense qu’il irait bien sur ta musique. Et ça a donné une alchimie. Quand je l’ai entendue, qu’elle l’avait enregistrée, elle me l’a fait écouter, j’étais à Los Angeles. Pendant les dix premières secondes, j’reconnaissais pas, c’était tellement beau… J’me suis dit moi j’ai fait ce truc là ? Et quand j’ai vu comment les gens ont réagi quand ils ont entendu cette chanson… Tu sais quand t’es dans la salle et que tu vois deux mille, trois mille personnes qui sont là à chanter ta chanson, et qu’tu dis que t’as fait cette chanson sur ta guitare, t’aurais jamais imaginé que ça plairait aux gens, c’est le plus beau cadeau du monde. »

« L’incendie » est le 3ème single de l’album Divinidylle mis à la disposition du public en téléchargement légal en mars 2008, remportant rapidement un franc succès. Mais pour Serge, cette chanson est bien plus qu’un tube : « Cette chanson, c’est le fruit de notre amitié ».

Une très longue amitié puisque Serge a rencontré Vanessa à ses débuts sur le plateau du Jacky Show, chronique musicale du Club Dorothée, à laquelle il participait aux côtés de Bertignac. Pour la p’tite histoire, le groupe Téléphone se sépare en 1986. Un an plus tard, Bertignac entame une carrière solo. Mais au fil des visites de ses meilleurs potes dont Corine Marienneau et Serge Ubrette, le groupe « Bertignac et les visiteurs », qui porte bien son nom du coup, et dans lequel Serge restera trois ans, se formera progressivement et sortira deux albums.

« Jack » ou encore « Ces idées là », des succès qui ont forcément ambiancé vos booms, vos fêtes, vos cœurs. Serge est de cette génération de contestataires des années 80, Cabu, Wolinski, Coluche, Téléphone, etc., libres d’expression, tous ces artistes qui ont marqué leur époque par leur engagement politique, social et humanitaire, en quête de vérité, d’authenticité et que la gloire n’intéressait guère. « A chaque fois qu’on faisait une chanson, pour nous elle était engagée de fait. Faire du rock ou de la pop, on était un peu marginaux. Moi j’étais dans la marginalité. Tous les mecs que j’aimais dans la musique c’était des défoncés, mais des mecs géniaux, libres. On chantait les choses qu’on ressentait. ».

Bref, si Serge est « Charlie », il est aussi artiste bohème et un sentimental. Sa première guitare, il l’a eue à 14 ans. C’est un autodidacte. Avant d’être professionnel, il jouait par plaisir, organisait des bœufs avec ses potes, formait de petits groupes, comme Jerrycan, qui apparaît néanmoins dans « Moi vouloir toi » réalisé par Patrick Dewolf en 1985, avec Gérard Lanvin, Jennifer, Corine Marienneau et Clémentine Célarié ainsi que dans la bande originale du film avec le titre « L’amour hallucinogène ».

« Ce qui est important, c’est la capacité qu’on a les uns et les autres à faire des choses ensemble parce qu’on ne sait jamais ce que ça va donner. ». Tout comme la musique, le cinéma est une passion avant tout. Il envisage son métier au feeling, au fil de ses amitiés, de ses rencontres, de ses découvertes, de ses coups d’cœur. Côté films, il tourne notamment dans L’addition (1984) de Denis Amar avec Richard Berry, Richard Bohringer et Victoria Abril, Lien de parenté (1986), un film de Willy Rameau dans le rôle de Clem, aux côtés de Jean Marais et Anouk Ferjac, ou encore « Ava & Gabriel – Un historia di amor » (1990). En 1992, il collabore avec Florent Pagny sur le titre « Bien sûr qu’il n’y a rien à dire ».

Aujourd’hui Serge compose principalement. Il travaille notamment en collaboration avec le label icaunais « Canaille Music », créé en 2010 par Jacky CHALARD, président de Big Beat Records France, et du Groupe NEWTON.

Qu’il s’agisse de musique ou de cinéma, il plonge chaque fois au cœur de ses passions mêlant souvent amitié et travail, toujours entouré de ses proches auxquels il est dévoué, ses amis, sa famille dont ses petits enfants pour lesquels il écrit et compose, tous, les piliers de sa vie. « Ce qui m’incombe aujourd’hui c’est de faire des choses dont mes enfants sont fiers. »

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