[Interview] Peter Kingsbery et Alexandra Delestre

Peter Kingsbery n’est autre que le chanteur du groupe mythique Cock Robin des années 80 et début des années 90, aux côté de Anna LaCazio. « When your heart is weak », « The promise you made », « Thought you were on my side », des titres au succès international qui ont sûrement enflammé votre adolescence, ont été revisités à la guitare et au piano par Peter ce samedi 4 juillet lors du festival Musicasens. Alexandra Delestre, du groupe Alex & Gouby, l’avait d’ailleurs rejoint sur scène pour deux magnifiques chansons en duo, et pour notre plus grand plaisir, jusqu’à nous coller des frissons. Peter était très content d’accueillir Alexandra à ses côtés, avec beaucoup d’humilité et de gentillesse.

« Avoir cette chance, d’avoir chanté avec ce grand Monsieur de la chanson et de la musique des années 80 » déclare Alexandra, « c’est quelque chose dont je suis plus que consciente ! Je suis vraiment honorée. J’ai rencontré Peter l’après-midi même, très agréable, nous avons fait des réglages rapides, un couplet, un refrain et c’était calé. Il a vu que ça tournait, c’était suffisant pour lui. Moi qui pensais jouer les deux chansons au moins une fois… Et bien, je n’avais plus qu’à compter sur mon feeling, notre feeling. Et ça s’est passé. Ce fut des moments magiques ! Beaucoup d’émotions ressenties sur scène avec Peter, sa superbe voix et son piano qui nous emportent loin. Pour ma part, jusqu’aux nuages, d’où j’espère que mon père voyait ça, où qu’il soit… Pour en revenir au piano, moi qui suis en adoration pour cet instrument depuis toujours, c’était juste la cerise sur le gâteau. Ou plutôt une des cerises (rires). Un jour, je trouverai le temps pour apprendre à en jouer, m’accompagner et surtout composer. Car actuellement j’écris mes paroles et mes mélodies et c’est Fabrice qui compose la musique à la guitare. »
Un duo harmonieux au point que certains pensaient que les deux artistes se connaissaient déjà, alors qu’ils n’avaient bénéficié d’aucune répétition au préalable. Habituée des reprises de variétés françaises et internationales avec son compagnon Gouby, artiste rigoureuse dans son travail et très bonne interprète, Alexandra a donné facilement la réplique à Peter Kingsbery, très content de sa prestation. D’autant plus familiarisée avec cet univers du fait que son papa était un fan de Cock Robin. Ce soir là, elle lui dédiait ces chansons avec beaucoup d’émotions. Émotions partagées car Alexandra sait, au-delà d’une interprétation très pro, marquer son public par une superbe voix et une vraie sensibilité, de cœur et artistique, des ingrédients essentiels à la réussite de ce duo.

Toutefois, si l’interprétation de ces tubes est incontournable pour les nombreux fans qui l’accompagnent depuis le début, une chose est sure, le retour de Cock Robin est surtout synonyme de challenge, faire encore mieux et différent : « Je pense que le public qui me suit depuis un long moment est forcément un petit peu surpris par le fait que je ne répète pas exactement le même son que celui des années 80. Mais si je fais ça je suis mort. Ce serait une erreur. ». Conscient de la difficulté de sortir du cadre Cock Robin des années 80, Peter Kingsbery tient avant tout à être apprécié pour sa musique actuelle. Pari réussi puisque Peter se sent vraiment bien accueilli par le public, que ce soit pour ses nouvelles chansons ou ses anciens morceaux qu’il interprétait en version acoustique au festival. Il est vrai que s’il a largement fait ses preuves dans les années 80 et plus récemment de part ses albums solo dont « Pretty Ballerina » (2012) ou encore le dernier en date « The Landing » (2015) et de nombreuses tournées, il ne conçoit pas pour autant la scène comme acquise. Pour lui, « il faut mériter sa place sur scène ». Comme tout artiste soucieux de satisfaire son public, d’offrir un de ces moments magiques tant attendu lors d’un concert, il confie que le trac, dont Louis Jouvet disait qu’il « est une manifestation de l’esprit critique, donc de l’intelligence », le signe de talent, l’accompagne à chaque fois.
A la fois innover et conserver l’identité Cock Robin de l’époque était donc le défi à relever. Le groupe s’est séparé une première fois en 1990. « Anna voulait faire quelque chose d’autre et moi je n’avais pas envie de reformer le groupe sans elle… ce que finalement j’ai fait en 2006, mais juste pour qu’elle quitte encore le groupe (rire). ». Cette reformation en 2006 et une tournée de concerts donnera lieu notamment à un album live. Mais Peter n’abandonne pas. Il fait rapidement part à Anna de son envie de continuer : « Attends, je vais refaire le groupe avec encore plus de pêche, plus d’imagination. ». Cock Robin revient en 2010 avec un album « Songs From a Bell Tower », vraiment bon soit dit en passant. Et un nouvel album « Chinese Driver » verra le jour à l’automne 2015. L’album est en effet encore plus pêchu que le dernier, tel que le voulaient Peter et Anna et dont vous pouvez écouter trois extraits sur le site et notamment le titre « Orbit » qui semble le plus marqué de l’empreinte Cock Robin. Bref, un album doté d’une très belle énergie, disposé à frapper les esprits, et que j’ai vraiment hâte de découvrir dans son intégralité.

Le p’tit mot de la fin de Peter pour son public :
——————————————————–
« J’espère que le public restera avec moi jusqu’au bout. Je refuse de renoncer. J’irai jusqu’à la tombe. Avec le passage du temps… je pense que plus on vieillit, plus on a deux sentiments, on s’en fout, au bout d’un moment, et en même temps, on a plus de choses à défendre. Et moi j’ai toujours des choses à dire et j’espère que j’aurai un public jusqu’à la mort. Je veux être le nouvel Henri Salvador (rires). »

Le p’tit mot de la fin d’Alex :
———————————
« Sincèrement, je reviens quelque peu sur cette complicité que Peter et moi avons immédiatement eu sur scène et ça, c’est quelque chose qui restera gravé. Vraiment ! Et le fait que Peter ait été séduit par ma prestation auprès de lui et dise que j’ai « interprété » les chansons à ma manière.. je crois que c’est la plus belle satisfaction que je puisse avoir…
A nouveau, je le remercie mille fois ! Je remercie sincèrement mon ami Arca qui nous a réunis, pour sa confiance, et pour ce qu’il m’a dit lorsque je suis descendue de scène. Une grande fierté pour moi. Je l’estime beaucoup. Je me répète peut-être mais merci à ma famille et mes amis de me soutenir depuis toujours. Merci à mes enfants que j’aime plus que tout et qui sont bercés par ma voix et la musique de leurs parents depuis leur conception (rires) !
Ce soutien, ces présences, la fierté de ses proches, l’Amour, sont les plus grandes richesses que l’on puisse avoir dans la vie. Avec la Musique bien évidemment !
Pour finir, merci à Flo Tounette (c’est moi 🙂 ) pour sa sympathie, sa générosité et pour ces jolies impressions qu’elle a écrites… »
Alex. 😉

Crédit photo : Serge Ubrette
_________________________________________

Page Facebook d’Alex & Gouby :
https://www.facebook.com/alex.goubymusic

Écouter les extraits de l’album « Chinese Driver »
http://cock-robin.fr/medias

Site de Cock Robin
http://www.cockrobin.net/

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s