Portrait : Bernard Chazeau, figure emblématique de la MJC de Sens

Surnommé « Papet », en référence à Manon des sources, Bernard Chazeau a fait partie de ceux qui ont contribué à faire évoluer la MJC et à développer de multiples projets sénonais dont le CLAP 89, festival du court-métrage reconnu aujourd’hui partout dans le monde.

Bernard Chazeau est né le 13 janvier 1946 à Clermont-Ferrand, d’un père ouvrier dans une fabrique de pneumatiques et d’une mère dévouée à sa famille. Il passera son enfance à Fontfreyde (fontaine froide), près du lac d’Aydat. Puis c’est la pension. Il obtient un baccalauréat Lettres Modernes en 1964. Il entrera ensuite en fac de droit, « en touriste » comme il dit, avec dans l’idée de devenir journaliste. Bernard sera même pigiste à La Montagne puis se marie. Le couple donne naissance à un premier enfant. Bernard décide alors de passer le concours de contrôleur des impôts et demande son affectation à Sens où il s’installe en novembre 1968. En 1969, il devient responsable du secteur Sens-Est. En 2007, Bernard Chazeau était responsable de la maintenance informatique.

Cependant, Bernard ne pouvait se cantonner à son métier sans conserver sa passion pour l’éducation populaire. Car c’est là un des traits de sa personnalité. L’Auvergnat est profondément humain, sans cesse tourné vers l’autre et surtout vers la jeunesse. Dans tous les cas, il croit profondément en l’être humain, aux secondes chances et au potentiel de chacun. Père de trois filles, il trouvera aussi son bonheur au sein de la vie associative sénonaise. Passionné d’éducation populaire, il créé d’abord le Tim’s (Tournoi International des Minimes) en 1971 aux côtés d’André Mottot. le Tim’s s’arrêtera en 1991 au bout de 20 ans. Yannick Lepeu prendra la relève en créant le TSF (Tournoi Sans Frontière).

Mais le grand amour de Bernard, c’est la MJC de Sens, qu’il rejoint en 1972, soit deux ans après sa création et dont il deviendra président en 1980 puis en 1987. Il œuvrera dans cette association pendant 30 longues années aux côtés de nombreux autres piliers comme Jérôme Boivin et Paul Paviot, ou encore Patrick Mior. Bernard fut aussi Président de l’Union départementale des MJC pendant 3 ans.

En 1987, la MJC rencontre quelques difficultés et afin d’y pallier, il fonde le CLAP, avec Jérôme Boivin et Paul Paviot. « En 1987, un samedi après-midi de printemps la première apparition de CLAP (pas encore 89) a fait son cinéma. Il n’y avait là que volonté de sortir un public éloigné de cet avatar cinéphilique pour lui faire découvrir qu’il existait à Sens (et ailleurs) des faiseurs de films », écrira-t-il. Le festival est aujourd’hui « une grosse machine », dixit Bernard, qui ne ressemble en rien à ce qu’ils avaient fait naître à l’époque. Mais il lui souhaitera une longue vie et saluera le travail abattu par la nouvelle génération.

Déjà titulaire de la médaille de bronze de la Jeunesse et des Sports, Bernard Chazeau reçoit la médaille d’argent en décembre 1990. Trophée qu’il partagera immédiatement avec toute son équipe lors d’un discours chaleureux. En 2007, Marie-Louise Fort lui remettra la médaille de la ville et le remerciera bien au nom de tous pour ses actions au sein de la cité. « Tu fais partie de ces pionniers qui vont offrir aux jeunes sénonais des activités multiples, culturelles et ludiques » dira la maire à Bernard avec enthousiasme. Et d’ajouter que grâce à eux, « les jeunes de Sens vont désormais trouver un accueil, un soutien, un refuge pour certains, des centres d’intérêts les protégeant d’une dangereuse oisiveté. Je crois que c’est un modèle à Sens et ça perdure. Notre municipalité travaille avec la MJC. Je salue notre directeur dans le fond ».

Bernard Chazeau est un homme public, un homme de cœur mais il est aussi écrivain. Auteur de plusieurs nouvelles qu’il décrira comme de « petites œuvrettes ». Pour lui, on écrit « parce qu’on a des histoires à raconter ». Il réalisera également des courts-métrages à partir de ses scénarios, dont Mary qu’il présentera au festival Clap 89 puis Milene, court-métrage pour lequel il recevra le premier prix en 1995. « Ayant atteint la dernière marche cette année-là, j’ai aussitôt cessé d’écrire ».

Aujourd’hui, l’homme à la queue de cheval a les cheveux blanchis. Le cancer lui a cassé la voix, mais pas les idées ni sa liberté d’expression. Bernard Chazeau donne de la franchise sans complexe, peut-être le savant mélange des convictions d’une mère catholique et celles d’un père communiste militant d’une exigence extrême.

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