Le musée Jean Cousin

La Maison Jean Cousin appartenait à Louise-Françoise-Charlotte de Jussy, qui en hérita le 24 avril 1794. La famille de Bonnaire, dont elle était la descendante, possédait l’immeuble depuis le 22 juillet 1659 (soit six générations). Cette dernière la céda ensuite à Jean Estèbe le 17 mai 1801.
Le 21 janvier 1854, la descendante de M. Estèbe, Justine Estèbe, vendit la maison à M. Payen.
Le 30 mars 1873, les descendants Payen la cédèrent, pour 45.000 francs, à la Caisse d’Epargne, fondée en 1834, qui y siégea jusqu’en 1902 avant de déménager Boulevard du 14 Juillet en lieu et place de l’ancienne fabrique de chaussures Marchand. La première pierre de l’édifice fut posée le 20 janvier 1901 et l’inauguration eut lieu le 12 octobre 1902. La Caisse d’Epargne avait occupé, de 1834 à 1873 des locaux de l’Hôtel Vezou (actuel CEREP, rue Rigault).
Le 9 janvier 1904, la Caisse d’Epargne céda l’immeuble à la ville de Sens, dont Lucien Cornet était le maire à l’époque, qui y installa le Musée Jean Cousin.

Le Musée Jean Cousin fut inauguré le 19 avril 1908. C’était un musée dédié à Jean Cousin, artiste peintre du 16ème siècle et à l’histoire locale, dont une peinture du vieux Mail de Sens réalisée par d’Ernest Charton, peintre portraitiste et paysagiste né en 1816 à Sens, frère d’Edouard Thomas Charton, fondateur du magazine parisien L’Illustration, et la Croix des Mariniers qui surmontait le Pont Boffrand démoli en 1910.
Par ailleurs, en 1920, Lucien Cornet nomma Augusta Hure conservatrice du Musée Jean Cousin et du musée municipal. Elle fut la toute première femme de France à bénéficier de ce poste, qu’elle garda jusqu’à sa mort en 1953.

La tour et la tourelle de la Maison Jean Cousin furent inscrites aux Monuments Historiques par arrêté du 27 juillet 1970.

Dès 1980, toutes les collections des musées de Sens dont celles du Musée Jean Cousin furent transférées dans l’ancien palais des archevêques destiné à être l’actuel musée. Le Musée Jean Cousin commença à accueillir des expositions temporaires d’artistes de tous horizons comme Henri Delanne en 1982 ou encore Olivier Giroud avec l’exposition “Bois Debout” en 1984.